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Tout faut - Page 5

  • Avis de décès

    – En somme, me dit une amie traductrice, vous ne trouvez plus guère de raison d’écrire en français…

    – Sinon que j’aime le français.

    – Certes. Mais ce n’est pas une raison, ça : c’est une passion.

     

    Très juste.

    J’ai moins de raison que je n’aimerais.

     

    D’ailleurs, même si enfant je n’ai pu les étudier, j’ai toujours eu un goût prononcé pour les langues mortes. C’est donc une grande chance que de vivre ici ces temps d’effondrement et de désespoir : la possibilité m’est offerte d’écrire chaque jour dans ma langue maternelle morte – ora pro nobis…

     

    – Et maintenant que vous avez fini Tout faut, vous avez d’autres projets ?

    – Oui, mais je ne suis pas en capacité encore de les avouer…

     

    Elle comprend. Silence.

  • Mon bieau poïème

    Voici donc, en exclusivité, le bieau poïème au titre évidemment très «  culutrel » que j’ai pour finir moi-même ôté du spectacle (mais non du texte) Ce que j’ai fait quand j’ai compris que j’étais un morceau de machine ne sauvera pas le monde (dixième pièce de l’ensemble romanesque Tout faut) interprété par Fabien Joubert. Les photographies sont de Thierry Robert.

    On voudra bien noter, j’espère, par nos temps de marketing intégral, que le titre du poïème est infiniment poétique…

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    DEMANDEZ LE PROGRAMME !

    Industrie pornographique de masse pour vous, messieurs. Réglage biotechnologique individuel des grossesses pour vous, mesdames.

    Publicité idéologique égalitaire et démocratique à tendance libertaire hédoniste.

    Horizon : Disparition de la différence anthropologique des deux sexes dans la création d’un troisième nécessitant pour sa reproduction toutes sortes de machines administratives, juridiques et technologiques.

     

    Développement capitalistique du vidéodrome mondial et du technicisme scientifique.

    Batterie de législations prohibitives et comportementalistes imposées au nom de la liberté.

    Transformation progressive et progressiste du monde en village, puis du village en camp.

    Mise en place compensatoire et hyperextensive du catéchisme citoyen, laïque et tolérant à forte teneur touristique et culturelle.

    Nos camps sont les camps du bonheur.

     

    Evacuation citoyenne éducative de la connaissance historique et extermination post-hitlérienne soft des sectes juive et chrétiennes.

    Utilisation attractive de l’islam à ces fins.

    Utilisation répulsive de l’islam en tant que prétendu vestige ultime de la barbarie humaine universelle.

    Démocratisme apparent de la machine préférant être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats.

    Transformation du langage en simple communication d’ordres à exécuter.

     

    Changement de fond : Recyclage normatif des vices humains par la machine sous le nom de progrès.

    Constante : Nous baisons religieusement sur des charniers, et c’est ainsi depuis la nuit des temps.

    Inversion de la perspective : Nous ne baisons plus sur les cadavres de nos pères, mais sur ceux de nos fils de l’un et l’autre sexe.

    Compensation religieuse idéologique : fascination de l’avenir, idolâtrie de l’enfant, pédophilie platonique considérée comme un des beaux-arts citoyens.

    Conséquence : Extrême infantilisation de l’espèce, destruction totale de la capacité critique.

    Conclusion : Suicide anthropologique, victoire de la machine.

    Fin de la première phase. Nom de code : Opération bonheur.

     

    – Vivement l’Asie !

     

    Périsse le jour où je suis né.

    Comme eût dit Job.

  • Tout faut : Sommaire

    Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé serait purement paranoïaque.

    Ouverture

    I – Les Provinces de l’Ennui, panorama, 2005

    II – Deus ex machina, essai, 2006

    III – Pour une Culutre citoyenne! farce, 2005

    IV – Spéculations, perspectives, cauchemar, comédie, 2006

    V – Sépulture sans sépulture, oratorio, 2007

    VI – Absolute Wonderland, morceaux, 2006

    VII – CDC, dialogues, 2006

    VIII – Territoires de la merde, farce, 2006

    IX – CQFD, notes sur la commande d’un texte et son refus par ses commanditaires mêmes, 2006

    X – Ce que j’ai fait quand j’ai compris que j’étais un morceau de machine ne sauvera pas le monde, fin, 2006

  • Ouverture : 3. Placet beau

     

    Dans tout ce qui suit ce texte, à l’inverse, les personnages sont plus intelligents que leurs modèles. Ainsi leur bêtise paraît mieux.

    L’ÔTEUR. – Ce placet beau, très beau, est vidament dédiécassé au Citoyen Suprême, lequel bien sûr ek-siste ainsi que tout le monde le suce. Faut-il le dire que le Citoyen Suprême c’est je-tu-vous dès lors qu’il n’y en a plus rien du tout de l’individuel dedans, c’est n’importe lequel des qui qui ne se l’envoie pas dire et le dit lui-même de lui-même que c’est lui. Ou toi. Mais surtout moi. Parce que l’Etat c’est moi et que moi, l’Etat je lui chie sur sa gueule.

    Voilà pourquoi que TOUT FAUT, beau comme ma semence, en même temps c’est vachement digne de se faire recevoyer par vous, ô Citoyen Suprême ! Et donnez-moi seulement du popognon et je serai guéri de pas recommencer encore. J’espère que vous me comprendez. D’autant que j’y ai droit à le pognon, vu la rage de révolte dedans que j’ai. Car parce que c’est là que je la fais, ma référence humblement. Car en tant qu’artisteur globalisé je me comprends moi-même déjà pas mal. Oué.

    Mais que je vous dise un peu de quoi je cause que : TOUT FAUT si tu veux, c’est une sorte d’espèce de hépopeye sociétale en gestationnement interdit, tu vois quoi ? C’est nonqu’enmoins une sorte d’espèce d’ensemble rototomanesque décomposé de popoèmes dramaticules de théâtrage antérieur, ô les temps morts qui sont passés. Si. Même que j’en ai causé avec des amis à moi qu’ils étaient bien d’accord après des bières que mon teste il est génial. Quant à le siècle épouvantable, une fois sa réalité bel et bien évacuée par profits et pertes, je le ressuscite avec un glaive nu en carton-pâte de destruction massive (virus IHSV). Non, je déconne.

    *

    Pour la suite à ce volume One de TOUT FAUT, si que y en a un, on verra bien plus tard si que je vis encore.

    Bref, tout ça le théâtre c’est que pour dire que les artistes ils sont comme les citoyens, je veux dire unis ensemble mais avec des grumeaux de communautés rouges plein partout dedans quand même en plus, comme les morceaux de fruits dans les yaourts je sais plus lesquels. Car c’est du yaourt superpositif oué, la Républicité de la démocrasse. Mais aussi que si les artistes ils sont comme les citoyens alors aussi l’inverse c’est vrai que les citoyens ils sont comme les artistes, y a pas de raison. Bref quoi, ici c’est suprême qu’il est le Citoyen, surtout qu’il lutte contre. Car parce que c’est un rebelle avant tout, tu vois ? que le citoyen sans rien, en fait il a tout dedans qui fait qu’il est pareil que les autres, quoi. C’est un artiste, si tu veux. Comme nous tous si qu’on veut, merde. Et on va tout niquer le pays comme une pétasse dans la tournante.

    Voilà, Citoyen Suprême, c’est pour toi ce placet beau subversé, et puisque c’est kif-kif c’est aussi de toi un peu qu’il est, ce placet ; et si que je le dis c’est pour dire merci comme quoi tu nous a éduqués bien dans ta sorbonne  d’où qu’on vient. Qu’on est là nous aussi pour les péter les enculés de gens pas-qui-résistent, oué, et faire sur les trottoirs des flaques de sang comme une grosse et virginique œuvre d’dard. Oué. Merci. Casse-toi, Président de mes couilles et merci pour les susventions de la culutre.